Bâtiment connecté ou bâtiment intelligent : quelle différence ?

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Bâtiment connecté, bâtiment intelligent, smart building : ces mots sont souvent employés l’un pour l’autre. Pour un responsable technique, la nuance compte, car un bâtiment peut être très connecté sans être intelligent.

Le bâtiment connecté : des équipements qui communiquent

Un bâtiment est dit connecté lorsque ses équipements transmettent des données ou se commandent à distance : climatisations pilotables depuis une application, compteurs communicants, capteurs de température ou de qualité de l’air.

Mais chaque équipement arrive souvent avec son application et ses propres réglages : les données restent dispersées, sans vue d’ensemble. La climatisation peut alors tourner dans une salle vide.

Le bâtiment intelligent : des équipements qui agissent ensemble

Un bâtiment intelligent va plus loin : ses systèmes techniques obéissent à des règles communes. Les horaires d’occupation, les consignes de température ou la présence pilotent ensemble le chauffage, la climatisation, la ventilation et l’éclairage. Les consommations sont mesurées et analysées, et une dérive déclenche une alerte.

L’intelligence ne vient donc pas du nombre d’objets connectés, mais de la façon dont ils sont reliés, programmés et suivis.

La GTB, cœur du bâtiment intelligent

Cette coordination est le rôle de la GTB (gestion technique du bâtiment). Selon la FAQ du ministère sur le décret BACS, un système d’automatisation et de contrôle des bâtiments (BACS) et un système de GTB sont « deux appellations équivalentes ». Le système de GTB sert à surveiller, réguler, superviser et suivre les consommations d’énergie.

Le décret BACS impose ce type de système dans les bâtiments où s’exercent des activités tertiaires, lorsque leur système de chauffage ou de climatisation dépasse 70 kW de puissance nominale utile. Pour les bâtiments existants, l’obligation s’applique depuis le 1er janvier 2025 au-delà de 290 kW, et au plus tard le 1er janvier 2030 au-delà de 70 kW, ou dès le renouvellement de ce système.

Le système doit notamment suivre les consommations par zone fonctionnelle, au pas horaire, détecter les pertes d’efficacité et être interopérable.

Et la GTC (gestion technique centralisée) ? Il n’en existe pas de définition réglementaire unique. Pour l’ANSSI, c’est « un sous-élément » de la GTB. Dans la pratique, elle centralise souvent un seul lot technique, par exemple le chauffage, la ventilation et la climatisation (CVC). Voir GTC : gestion technique centralisée et notre guide du décret BACS.

Des protocoles ouverts pour que tout se parle

Pour travailler ensemble, des équipements de marques différentes doivent partager une langue commune : un protocole. Un protocole ouvert repose sur une spécification publiée, accessible à tous les fabricants.

  • Modbus, en RTU sur liaison série RS-485 ou en TCP sur Ethernet, courant sur les compteurs et les équipements techniques ;
  • BACnet, en IP ou en MS/TP, conçu pour l’automatisation des bâtiments et normalisé (ISO 16484-5) ;
  • LoRaWAN, un réseau radio longue portée et basse consommation, pour ajouter des capteurs sans recâbler.

Quand un équipement ne parle qu’un langage propre à son fabricant, une passerelle traduit ses données, par exemple vers Modbus ou BACnet. Choisir des équipements ouverts dès l’achat limite la dépendance à un seul fournisseur. En savoir plus : les protocoles GTB.

Plus connecté, donc plus exposé : la cybersécurité

Chaque équipement relié au réseau est une porte d’entrée possible. Dans son guide sur la GTB et la GTC, l’ANSSI note que ces équipements intègrent des protocoles « peu ou pas sécurisés par défaut », et que les communications sans fil augmentent très nettement leur exposition aux attaques. Parmi ses recommandations :

  • cloisonner le système de GTB des autres systèmes d’information, physiquement ou par VLAN ;
  • utiliser un tunnel VPN IPsec, avec une authentification robuste, pour l’accès distant à la GTB ;
  • utiliser un poste d’ingénierie dédié et sécurisé ;
  • sécuriser les protocoles Modbus et BACnet ;
  • durcir les passerelles protocolaires qui convertissent le RS-485 vers le réseau IP ;
  • privilégier des protocoles sécurisés pour les communications sans fil.

Par où commencer ?

  1. Faire l’inventaire des équipements existants et de leurs protocoles.
  2. Définir ce que vous voulez piloter et suivre : horaires, consignes, alarmes, consommations.
  3. Privilégier des équipements et des passerelles aux protocoles ouverts.
  4. Prévoir dès le départ le réseau de la GTB et la sécurité de l’accès à distance.

Probat Énergie installe et programme des GTB en Modbus, BACnet et LoRaWAN, partout en France. Pour le suivi à distance, nous utilisons les outils des matériels installés : application Loxone, application WIT ou routeur 4G Wattsense, selon les projets. Découvrez notre métier d’intégrateur GTB.

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