Courant fort et courant faible dans un bâtiment tertiaire

Écrit par

dans

Courant fort, courant faible : ces deux expressions reviennent sur tous les chantiers tertiaires. Elles désignent deux familles de circuits qui cohabitent dans le même bâtiment, mais qui n’ont ni la même fonction ni les mêmes règles de pose.

Le courant fort : l’énergie du bâtiment

Le courant fort transporte de l’énergie. Il alimente tout ce qui consomme de la puissance dans un bâtiment tertiaire :

  • le tableau général basse tension (TGBT) et les tableaux divisionnaires, qui distribuent et protègent les circuits ;
  • les prises de courant des postes de travail ;
  • l’éclairage ;
  • le chauffage, la climatisation et la ventilation ;
  • les ascenseurs, les cuisines et les équipements de production ;
  • les bornes de recharge pour véhicules électriques.

Dans un bureau ou un magasin, ces circuits sont le plus souvent en basse tension : 230 V en monophasé, 400 V en triphasé.

Le courant faible : l’information du bâtiment

Le courant faible transporte de l’information : des données, des commandes, des mesures, des alarmes. Les puissances en jeu sont faibles. Dans un bâtiment tertiaire, on y trouve :

  • le réseau informatique (câblage structuré, prises RJ45, bornes Wi-Fi) et les baies qui le regroupent ;
  • la téléphonie ;
  • le contrôle d’accès, la vidéoprotection et la détection incendie ;
  • la GTB (gestion technique du bâtiment) : capteurs, compteurs communicants, contrôleurs et bus de communication, comme le RS-485 (Modbus RTU, BACnet MS/TP) ou Ethernet (Modbus TCP, BACnet/IP).

Une affaire de fonction plus que de tension

« Courant fort » et « courant faible » sont des termes de métier. Le code du travail, lui, classe les installations électriques par domaines de tension :

  • très basse tension (TBT) : jusqu’à 50 V en courant alternatif ou 120 V en courant continu lisse ;
  • basse tension (BT) : au-delà, jusqu’à 1 000 V en alternatif ou 1 500 V en continu lisse ;
  • haute tension (HTA, puis HTB) : au-delà de ces valeurs.

Les circuits de courant faible fonctionnent le plus souvent en très basse tension. Mais la frontière tient surtout à l’usage : un circuit de courant faible transmet un signal, un circuit de courant fort alimente un équipement.

CritèreCourant fortCourant faible
RôleTransporter l’énergieTransporter l’information
ExemplesTableaux, prises, éclairage, chauffage et climatisation, bornes de rechargeRéseau informatique, téléphonie, contrôle d’accès, GTB
Tension usuelleBasse tension (230 V ou 400 V)Le plus souvent très basse tension
SupportsCâbles d’énergiePaires torsadées, câbles de données, fibre optique

Source : Légifrance, code du travail, article R4226-2 (domaines de tension).

Pourquoi les séparer sur un chantier

Un câble d’énergie crée un champ électromagnétique. Posé trop près d’un câble de données, il peut provoquer des erreurs de transmission, des coupures de communication ou des mesures faussées. Sur un bus de GTB, cela se traduit par des équipements qui ne répondent plus ou par des valeurs incohérentes.

Les deux familles de câbles circulent donc dans des chemins de câbles séparés ou cloisonnés, et se croisent de préférence à angle droit. La norme NF EN 50174-2 fixe les règles de séparation entre le câblage informatique et le câblage d’énergie : la distance dépend notamment du type de câbles et du nombre de circuits d’énergie.

Pour un bus RS-485, on utilise une paire torsadée, souvent blindée, avec une terminaison de ligne à chaque extrémité du bus.

Sources : norme NF EN 50174-2 (installation du câblage à l’intérieur des bâtiments, publiée par l’AFNOR) ; Modbus Organization, « Modbus over Serial Line ».

Dans une armoire de GTB, les deux se rencontrent

Une armoire de GTB illustre bien cette cohabitation. Le courant fort y arrive pour alimenter l’armoire et ses protections. Le courant faible en repart : alimentation des contrôleurs en très basse tension (souvent 24 V), entrées et sorties, bus vers les compteurs et vers les équipements de chauffage ou de climatisation.

Une borne de recharge suit souvent la même logique : une alimentation de puissance d’un côté, une liaison de communication pour la supervision de l’autre. L’intégrateur GTB doit donc maîtriser les deux, car la qualité du câblage conditionne la fiabilité des communications.

Ce que fait Probat Énergie

Pour les professionnels, en Île-de-France (75, 92, 93, 95) et dans l’Oise (60), nous réalisons des travaux de courant faible, de baies informatiques et de bornes de recharge.

Pour la GTB et la GTC, nous prenons en charge, partout en France, la fourniture du matériel, la pose, le câblage des armoires et des bus, la programmation et la mise en service.

Un projet de câblage ou de GTB ?

Décrivez-nous votre bâtiment et vos besoins.

Ou appelez le 06 25 12 46 99, du lundi au vendredi, de 9 h à 18 h.